Architecture
La chapelle (Cl. I.S.M.H.)
Faisant pendant au solide donjon, une élégante chapelle gothique à vaisseau unique, construite entre 1509 et 1511 par la veuve de Pierre de COURTHARDY, née Renée de LARTIGNÉ. On y accède par un portail à linteau surbaissé renaissant à mouluration gothique.
Cette chapelle se compose de trois travées, dont l’une de chœur pentagonale avec abside saillante dans le parc d’axe portant sur une trompe en éventail. Ces travées sont voûtées d’ogives en pénétration avec clefs pendantes armoriées, lignes de crochets, moulurations vives et lierres à fleurons. Un réseau flamboyant aveugle pare ses maçonneries hautes sous une ligne de quadrilobes et une corniche très prononcée.
En face de la porte d’entrée, une boiserie du XVIè siècle, en panneaux à la serviette et parties découpées de style encore XVè, ferme une petite pièce qui sert à la fois de sacristie et de confessionnal. Le panneau supérieur porte les armes des COURTHARDY.
Une sorte de meurtrière permet au confesseur de voir le maître-autel.
Au-dessus, au niveau de la voûte, s’ouvre une mezzanine à laquelle on accède depuis les appartements par un passage dérobé. Elle fut conçue dès l’origine pour Renée de LARTIGNÉ (il semble qu’à cette époque les veuves devaient éviter d’assister à la messe en public).
Le faux transept à pignon, rehaussé au XIXè, est ajouré côté cour par une baie flamboyante et sa clé de voûte porte les armes de Pierre de COURTHARDY. On y trouve l’acte de la dernière consécration daté du 29 juillet 1862, époque de sa restauration par Marie-Louis VÉRITÉ, architecte et Jean-Marie Florent RENOU, maire de Viré. Cette partie, légèrement surélevée, possède une curieuse meurtrière permettant de voir le maître-autel, ce qui laisse à penser qu’elle fut conçue pour être fermée par une cloison semblable à celle de la sacristie-confessionnal et permettre ainsi de s’isoler.
Le sol, remarquable de conservation, est revêtu de petits carreaux de terre cuite de neuf centimètres de côté, en camaïeu du brun-noir au jaune-rosé en passant par l’ocre et le bistre.
A droite du sanctuaire, enchassée dans le mur, une belle piscine-lavabo à moulures très fines, accolade haute et élégante avec ses trois pinacles en demi-relief à décor flamboyant découpé d’époque XVIè. Le petit sanctuaire à trois pans coupés est surplombé par une voûte à six petits arcs et crochets.
Cette chapelle est dédiée à Saint Etienne (St Stéphane), représenté à droite de la travée haute des vitraux d’époque XIXè encadrant, avec Saint Jean-Baptiste, la Vierge à l’Enfant. Dans la travée basse, Saint Joseph occupe le centre, avec Sainte Victoire martyre à droite et Saint Jean Apôtre à gauche.
Ils portent la signature des ateliers du carmel Cenom du Mans.
La salle de garde
Située au rez-de-chaussée du donjon médiéval, la salle de garde était sans doute surplombée par une mezzanine en bois, au niveau du plafond actuel. C’est de la fin du XVè siècle que datent les élégants arcs de pierre soutenant les voûtes dont deux des clefs portent les trois fleurs de lys du roi Charles VIII dont Pierre de COURTHARDY était le conseiller.
Cette pièce est formée de deux galeries voûtées sur colonnes, l’une de deux travées et l’autre de trois, en prolongation de celles de l’échaugette qui formaient un seul passage ouvert à l’origine. La porte, bien qu’identique à celle d’accès au grand salon, date du XIXè siècle (cf. p 23). La progression arithmétique des cinq travées augmente l’effet de perspective.
Dans la grande cheminée de style gothique, on trouve la très belle taque aux armes de René III de FROULLAY, comte de Tessé, marquis de Lavardin, baron de Vernie, maréchal de France et grand d’Espagne (petit fils, par sa mère Madeleine de Beaumanoir, du marquis de Lavardin, gouverneur du Maine). Elle date du milieu du XVIIè siècle et provient du château de Vernie. Au centre, le blason : «d’argent au sautoir de gueules engrêlé de sable» soutenu par deux lions au drapé volant aux armes doublé d’hermine, surmontés à droite et à gauche de faisceaux et de deux étendards ornés de fleurs de lys. Collier d’ordre du Saint-Esprit, couronne de marquis et, en bas à gauche et à droite, petits tambours entassés sur trois rangs symbolisant la fonction d’homme de guerre.
Le grand salon
Dans le grand salon, la cheminée gothique d’époque fin XVè à piedroits en colonnettes porte deux blasons : celui des COURTHARDY à droite et un autre non attribué, présentant en entrelac de lettres avec la croix des croisages en son axe.
L’ habillage intérieur de cette cheminée, entièrement coulé en bronze au XIXè siècle, est décoré d’un semis de fleurs de lys et reprend les armes principales du manteau.
La chambre du Roi
A l’époque où Louis XIII y séjourna, cette pièce englobait le couloir qui aujourd’hui la contourne: elle avait alors vue vers l’ouest et vers l’est, c’était une pièce “en lanterne”.
La chambre de Du Guesclin
Au premier étage du donjon, la chambre dite « de Du Guesclin » présente une
cheminée gothique avec une plaque aux armes de la famille Hurault de Vibraye
marquis sarthois : « d'or, à la croix d'azur, cantonnée de quatre ombres de soleil, de gueule».
En réalité, Du Guesclin a séjourné dans les étages supérieurs détruits fin XVè.